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PENDANT CE TEMPS

La crise sanitaire nous a coupé littéralement de l'archipel japonais. Les cerisiers sont actuellement fleuris, et Kyoto poursuit son bonhomme de chemin. Les temples fument de leurs sacrés encensoirs. Les grues planent le long de la rivière Kamo, élégants. Les restaurants mitonnent, braisent au binchotan, apprêtent, questionnent.

 

Kyoto est la ville la plus densément étoilée au monde. Plaque fondamentale de la gastronomie japonaise. Sa forte identité, et son refus des modes passagères lui donnent un caractère bien trempé que l'on retrouve à l'assiette. D'un quartier à l'autre, la cuisine semble le prolongement de sa géographie. Arrosée d'eau dans le sud, on y brasse du saké. Agricole dans le nord, on y cultive notamment le shiso pourpre. Découpée par les rivières à l'ouest, les poissons d'eau douce y ont la chair sucrée. Encerclée de montagnes et de forêts humides, champignons et produits sauvages s'introduisent à merveille dans la cuisine locale. Étudiante à l'Est, les échoppes à ramen ne désemplissent pas. Mais envisager Kyoto, c'est embrasser le Japon au sens large. Car l'ancienne capitale se nourrit de ses alentours.

 

Ancien cuisinier pour la plus ancienne table kaiseki du pays (Hyo Tei), je vous invite découvrir l'ancienne capitale à travers une pérégrination gourmande. De la mer du Japon, puissante, pour terminer sur une île montagneuse paradisiaque, au cœur de la mer intérieure de Seto. Mer, campagne, ville. Cuisine, art et manière de vivre. Un concentré d'un Japon de l'intérieur, par ceux qui le font et le cuisinent.